entretiens

5 questions à Andrea Štaka, réalisatrice

Date

4 juin 2020

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Andrea Štaka a étudié le cinéma à la Haute école des arts de Zurich ZHdK. Dès ses premiers films, la réalisatrice a connu une très belle reconnaissance dans des festivals internationaux (Locarno, Sundance). Plusieurs fois nommée Prix du cinéma suisse, Andrea remporte le Léopard d'or au Festival du film de Locarno, le Coeur de Sarajevo et le Prix du cinéma suisse pour le meilleur scénario avec « Das Fräulein » (2006), son premier long.

Son dernier long métrage « Mare »  a été présenté en première mondiale à la Berlinale 2020. Elle vient de réaliser l’un des films de la collection « Lockdown By Swiss Filmmakers », initié par les producteurs Frédéric Gonseth, Michaela Pini et Michael Steiger, co-produite par la SSR SRG et soutenu par l'OFC et la SSR.

Comment la crise du Covid-19 a-t-elle affecté ou affecte-t-elle encore votre activité ?

Après la Première à la Berlinale, mon film « Mare » est sorti en salle en Suisse alémanique pendant trois jours puis le confinement a débuté et pan, fini, les salles ont fermé. Tant de gens voudraient encore voir le film. Je me suis sentie comme dans un avion prêt au décollage dont le signal d’alarme est actionné. En ce moment, « Mare » est aussi à l’arrêt sur le plan international, les festivals à venir sont annulés, les ventes mondiales ont les mains liées.

Nous remettrons «Mare» sur les écrans dès que les salles rouvriront. La promotion aura un grand rôle à jouer, car les gens doivent savoir que « Mare » est de nouveau visible en salle. Nous n’avons pas tout un dispositif comme à Hollywood ni des sous pour la publicité. Les journaux devront parler du film une fois encore et nous devrons tout faire pour cela. Pourquoi pas, me dis-je parfois, et je souris. Nous n’avons jamais eu une situation de ce genre.

Comment gérez-vous ou surmontez-vous les défis que nous impose cette crise ?

Je voulais travailler à mon nouveau scénario mais ce n’était pas possible de continuer comme avant. Dans de nombreuses scènes, les gens s’embrassent, font la fête, apprennent à se connaître, se rapprochent. Au début du confinement, quand j’ai regardé un film en ligne, j’ai trouvé comique la manière dont les gens s’embrassent. J’ai arrêté l’écriture pour le moment. J’ai tourné un petit film sur cette époque avec une trentaine d’autres réalisateurs et réalisatrices, pour la « Lockdown Collection » de SRF et de l’OFC. Cela a fait du bien de se rapprocher de ce qui se passe actuellement à l’aide de moyens filmiques. Le court métrage s’appelle « My mom, my son and me ». Le trou financier ne sera apparent chez moi que dans 1 ou 2 ans. Il est plus difficile de mettre en marche de nouveaux projets, surtout quand il s’agit de coopération internationale.

Qu’est-ce qui est essentiel aujourd’hui pour la culture cinématographique suisse? 

Ce n’est pas un problème du cinéma suisse. Nous continuons, autrement que par le passé. C’est clair ! Une question difficile… Simplement le courage de la créativité, la flexibilité et l’argent.

Voyez-vous aussi des opportunités dans la crise actuelle ?

En ce moment, il reste davantage de temps pour réfléchir au contenu, parce que nous ne sommes pas en piste. J’espère que cela aura une influence positive sur les films. Les jeunes qui sont plus flexibles avec la communication virtuelle ou travaillent contre le courant dominant ont aussi un rôle plus important à jouer. J’espère que nous aurons plus de courage au niveau du contenu.

Quelle est la première chose que vous ferez après le confinement ?

Je prends place dans une salle de cinéma et ensuite je prends le train de nuit pour aller à la mer.

A quel film la situation actuelle vous fait-elle penser et pourquoi ?

A « The Host » de Bong Joon-Ho. La peur du monstre est pour moi une image de la peur intérieure que nous ressentons face au virus « invisible » et à ses conséquences. 

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