entretiens

5 questions à Ivan Madeo, producteur

Date

2 mai 2020

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Cofondateur et codirecteur de Contrast Film avec Stefan Eichenberger et Urs Frey, Ivan Madeo a produit, entre autres, « Der Kreis » de Stefan Haupt, « Neuland » de Anna Thommen, « Heimatland »  de Michael Krummenacher, Jan Gassman, Tobias Nölle, Carmen Jaquier et al. et « Der Läufer »  de Hannes Baumgartner. La crise COVID-19 a interrompu plusieurs de ses projets de cinéma et de télévision. Il a répondu à nos questions. 

Comment la crise COVID 19 a-t-elle affecté et affecte-t-elle encore votre activité? 

Elle a des effets très variables. Les projets en développement ne sont presque pas impactés, à l’exception de l’équipe internationale de scénaristes réunie pour notre série « Davos ». Par contre, les coproductions en pré-production ou post-production posent de gros problèmes, parce qu’elles sont actuellement totalement à l’arrêt. Et pour la fiction « Stuerm », nous avions des réponses favorables de festivals et avions fixé une sortie en salle qui a dû être repoussée plusieurs fois – et maintenant tout est chamboulé. Au moins, nous n’avons pas dû stopper le tournage comme certains de nos collègues. Nous avons eu de la chance dans notre malheur.

Comment gérez-vous les défis que nous impose cette crise ? 

Les cinéastes et les acteurs culturels en général sont passés maîtres dans l’art de s’adapter et de survivre. Notre quotidien parfaitement normal est fait de modifications, de planification impossible, de variables inconnues. C’est ainsi que nous menons à bien en permanence de nouvelles œuvres, des événements inoubliables, et même parfois des opportunités d’emploi pour de nombreuses autres personnes dans la branche. Autrement dit, nous continuons de planifier pendant la crise sanitaire – et ne cessons de planifier et de planifier à nouveau.

De quoi la culture cinématographique en Suisse a-t-elle le plus besoin aujourd’hui?

Pour chacun pris individuellement, dans la situation actuelle, il est plus que jamais important de continuer de rêver et en même temps de penser en actions concrètes. De développer de grandes visions et de naviguer à vue au moment de la planification.

Pour la branche en revanche, l’essentiel est que des aides financières les plus étendues et les plus simples possible soient proposées pour les cas et les projets réellement nécessaires, avant que des entreprises disparaissent. Je dis « étendues » et « simples » parce que nous-mêmes nous tournons en rond depuis des semaines dans le labyrinthe des ordonnances et des paragraphes, et même si tous les services font de leur mieux dans cette situation inattendue, la rapidité avec laquelle des solutions sont trouvées est vitale pour notre survie.

Voyez-vous aussi des opportunités dans la crise actuelle ? 

Je pense que oui. Comme l’a expliqué le sociologue Andreas Reckwitz : pendant que l’on essaie de sauver des secteurs économiques dont l’importance est supposée systémique, il apparaît toujours plus clairement à quel point la culture a une importance systémique. La crise du coronavirus montre où nous mène le puritanisme sanitaire : à la fin nous demeurons en bonne santé mais notre vie s’est appauvrie. Au-delà du nécessaire pour survivre, nous avons aussi besoin de la communication, de l’esthétique, du jeu, de l’esprit communautaire – ce qu’on appelle la culture. La chance que nous avons à présent c’est de faire comprendre l’importance sociétale de notre branche aux politiciens qui allouent les crédits.

Quelle est la première chose que vous ferez après le confinement ?

Renouer des contacts ! Avec la prudence qui s’impose, évidemment, mais me retrouver de nouveau avec mes parents, qui vivent en quarantaine en plein dans la « zone rouge » de Milan depuis le confinement, avec mon frère, mes filleuls, mes amis et mes partenaires commerciaux. Manger, rire, se disputer, sortir avec eux me manque beaucoup.

A quel film la situation actuelle vous fait-elle penser ?

Je pense au film « For Sama » : un document difficilement supportable et pourtant incroyablement stimulant sur la vie sous les bombes pendant la guerre en Syrie. Une famille est enfermée avec des amis dans la cave de leur hôpital pendant les bombardements. Tous les habitants de la ville ont fui mais eux restent – pour se défendre. Je suis sidéré quand je vois de quoi les gens sont capables dans une situation de crise. Et je suis reconnaissant de jouir du privilège d’avoir à endurer ici en Suisse un confinement certes historique mais tout de même relativement petit – un « mini-confinement ».

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