1966 | Fiction | 80 min

Anna

Réalisation

Pierre Koralnik

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Image 1 de Anna

Anna est une jeune coloriste qui monte à Paris. Elle trouve un emploi dans une super-entreprise à l’américaine dont le patron est Jean-Claude Brialy. Un jour, celui-ci tombe amoureux d’une photo. C’est Anna, surprise par un photographe de la maison. Mais on ne la reconnait pas car elle avait enlevé ses drôles de petites lunettes noires. Brialy fera tout pour retrouver cette jeune femme qu’il sait pas être si près de lui. De son côté, Anna tombe amoureuse de son patron. Ils se croiseront mais ne se rencontreront pas.

Dès les premières images d’Anna, le tourbillonnement d’un ballet aux couleurs crues nous fait pénétrer dans un monde pictural – j’ai pensé à Francis Bacon, à qui Koralnik avait consacré un documentaire. Après un temps d’exposition, la musique, les images et les mouvements convergent en une poursuite romantique parce que rêvée, grave parce qu’elle met en jeu la passion de l’amour. La caméra glisse des regards ironiques sur le monde et soudain la voici qui ne lâche plus les comédiens, roulant tendrement la tête d’Anna Karina d’un bord de l’écran à l’autre, insérant le visage anxieux de Jean-Claude Brialy qui a rarement joué avec cette vigueur. C’est aussi le premier film musical depuis West Side Story, grâce aux chansons de Gainsbourg, à ses paroles sèches qui déclenchent le rythme, à ses liaisons musicales caloulées avec raffinement.

Anna est une comédie musicale. Elle n’en suit pas pour autant la ligne de la comédie musicale américaine. Là n’étaient d’ailleurs pas les intentions de Koralnik. Ce dernier a voulu rompre avec une tradition, innover. Sans trahir, il a convaincu.

Il a convaincu parce qu’il n’a pas voulu rendre hommage seulement à un genre qu’il aime et parce qu’il a su s’inspirer de son époque. Celle du mouvement, celle du délire des couleurs. Le rythme de son film est en totale osmose avec celui d’un monde qui veut pour capitale Londres et pour quartier Carnaby Street. La musique de Serge Gainsbourg est donc volontairement actuelle – yéyé. Tour comme le texte dont les mots sont empruntés au vocabulaire d’un quotidien que les jeunes connaissent bien. Les costumes, les décors font de même. Ils éclatent, ils crient, ils bougent. Non par difficulté d’exister mais parce que là est l’expression de leur existence. Les personnages sont également mouvants et trouvent sans effort, la meilleure animation dans la danse.

Ces pots peinture ne sont pas gratuits: on ne les a pas mis là pour justifier la couleur, comme les bavardages excessifs des premiers «talkies» se hâtaient de justifier le parlant. L’action d’Anna se passe dans une agence de publicité où la couleur règne. Elle ne se contente pas de s’étaler en affiches sur les murs pour appâter le public. Elle conditionne les rêves de la foule et agit sur les publicistes eux-mêmes, propagandistes victimes de leur propagande, enfants du siècle vêtus de technicolor.

Réalisation
Pierre Koralnik
Crédits

Équipe

Réalisation Pierre Koralnik
Scénario Pierre Koralnik
Caméra Willy Kurant
Musique Serge Gainsbourg

Interprètes

Anna Karina
Jean-Claude Brialy

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