1964 | Dokumentarfilm | 73 min

Les apprentis

Regie:

Alain Tanner

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Land

Schweiz

Sprache

Französisch

1964, c’est l’année de «La Suisse s’interroge» et des «Apprentis». Tanner montre différents apprentis, garçons et filles, de métiers divers, de la ville ou de la campagne, aussi bien dans leur travail que dans leurs distractions, dans leur milieu familial, dans la rue, à l’atelier. Nulle thèse. Pourtant, il s’agissait d’affirmer la nécessité d’une bonne formation professionnelle: ce qui est fait, sans insistance, ni sentimentalité. Tanner regarde vivre les jeunes qui jouent avec une savoureuse spontanéité leurs rôles d’«acteurs». Ils vivent devant la caméra, naturels. Les seuls moments où quelque chose «sonne» un peu faux sont liés à la présence des certaines adultes. Faire un apprentissage n’est pas toujours exaltant; mais n’en pas faire est bien plus grave. Cette vérité est constamment présente dans le film. Le film n’est certes pas sans défauts. L’ambiance d’une vie d’apprenti est parfaitement saisie, nous découvrons, au travers d’individualités, les problèmes d’un groupe. Malheureusement, le film ne nous laisse pas le temps de «faire connaissance» avec certaines d’entre eux. Ils ne sont pour nous qu’un visage ou un prénom. Tanner a voulu en dire trop. La construction du film appelle donc une légère réserve. La forme est pratiquement parfaite, mis à part la séquence où les comédiens du T.P.R. jouent quelques scènes d’«Adieu Jérusalem», scènes commentées dans une discussion par les apprentis… ce que nous ne comprenons pas immédiatement. Les images de l'opérateur suisse Artaria sont d’une constante beauté. Artaria parvient à suivre les apprentis dans la rue, en auto, sans que jamais sa caméra ne tremble: nous sommes loin des balbutiements formels du cinéma-vérité. En extérieur, Artaria a travaillé avec la sûreté technique du studio. La musique de Fenigstein, souvent jouée par un seul instrument, est un constant bonheur pour l’oreille. Le montage, strict, mais lent, crée un rythme poétique assez remarquable. Tanner renonce à tout commentaire extérieur. Le commentaire du film est dit par les apprentis eux-mêmes, sans texte écrit, les mots arrivent, lents parfois, souvent vifs, savoureux, toujours spontanés. Ce sont donc des apprentis qui témoignent. Une vérité profonde jaillit, émouvante, belle. Mais quelle vérité? Nous allons trouver là ce qui fait la grandeur du film de Tanner. Certains auraient voulu un film qui exalte la nécessité d’une bonne formation professionnelle, qui en montre ces difficultés, pour se terminer par la victoire sur ces difficultés. Or, cela, nous ne le voyons pas: Tanner veut montrer la Suisse aux Suisses. Que voit-il lorsqu’il regarde, amical, complice, des jeunes qui acceptent d’être sincères pour lui. Il voit que l’apprentissage est difficile, pénible, mais qu’il vaut mieux s'astreindre à de telles exigences plutôt que de renoncer à une bonne formation professionnelle. Il voit des jeunes sérieux, qui vivent calmement, mais avec lucidité, dans leur milieu familial, ou d’accueil. Il voit enfin des jeunes pas encore obsédés comme leurs aînés par l’argent, mais déjà volontairement orientés vers la recherche de la sécurité. N’oublions pas que si des jeunes vivent devant la caméra, parlent, expliquent, c’est Alain Tanner qui les regarde. C’est Tanner qui nous les montre, qui choisit les images, les sons, décide du montage. Et le regard de Tanner est poétique avec retenue, attentif avec complicité, intuitif et instinctif avec humilité.

Il fait faire un pas en avant au cinéma suisse. Mais j’irai plus loin: il fait faire un certain pas en avant au cinéma, plutôt à ce gendre un peu marginal qu’est le «cinéma direct» (nouvelle manière de nommer plus modestement le «cinéma-vérité). L’esprit d’attention du cinéma direct est respecté; la spontanéité naît des commentaires émouvants et imparfaits. La réalisation technique est impeccable. Or, et là est le pas, la perfection technique et artistique ne nuit pas à la sincérité, au jaillissement de la vérité du reportage.
Bravo, Alain Tanner, et merci! (Freddy Landry)

Regie:
Alain Tanner
Credits

Crew

Regie: Alain Tanner
Drehbuch: Alain Tanner
Kamera: Ernest Artaria
Schnitt: Ernest Artaria
Ton: Werner Leonhardt
Musik: Victor Fenigstein
Produzent*innen: Reni Mertens, Alain Tanner, Walter Marti

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